rando-colombieresDepuis la nuit des temps, chemins et sentiers ont façonné notre territoire. Avant l’avènement de l’homme, les bêtes sauvages, en quête de nourriture et d’abri, se déplacèrent créant les premières pistes. Les hommes les suivirent de près, les chassant pour leur chair, lors de leur migration, creusant encore plus profondément, dans la roche, sentiers et chemins.

Avec l’apparition de la domestication, les chemins furent maintes et maintes fois empruntés, notamment lors de la transhumance. Cette pression excessive imposa de les consolider et nombreux sont ceux qui, dans des sections plus abruptes, furent « caladés » voire murés de part et d’autre afin de canaliser le bétail (drailles). L’agriculture se développant, l’homme grignota petit à petit la montagne, érigeant terrasses et chemins d’accès. Puis les échanges commerciaux créèrent les grandes voies de communication telle que la Via Domitia (vers 120 avant J.C.), reliant l’Espagne à l‘Italie en passant par Narbonne. L’usage étant, les activités humaines évoluant, de véritables chefs d’œuvre architecturaux furent abandonnés à l’assaut de la végétation. De très beaux vestiges mis au jour, sur le site d’Ambrussum près de Lunel avec son pont qui enjambe le Vidourle, ou encore l’oppidum d’Ensérune près de Béziers, permettent au grand public de se familiariser avec l’époque gallo-romaine. Le tracé de la Voie Domitienne est aujourd’hui recouvert par les voies ferrées et par gorges-heric-0007l’Autoroute A9.

Depuis la fin du XIXe siècle, 600 000 kilomètres de chemins ont disparu en France avec les nouvelles utilisations, le passage des engins motorisés qui dégradent les pistes, érodant le sol, le remembrement agricole ou simplement l’oubli effaçant à jamais une part de notre histoire. Heureusement, à ce jour, ces chemins retrouvent une nouvelle vocation grâce aux activités de randonnée, de loisirs, de chasse et grâce aussi à des passionnés d’histoire et de nature, prêts à retrousser les manches pour dégager des bribes d’un passé à ne pas oublier. Les agriculteurs, castanéiculteurs ou viticulteurs, de par leurs activités, œuvrent, aussi, à restaurer ce patrimoine ancestral. Sur le territoire du Pays Haut-Languedoc et Vignobles, il existe, à l’heure actuelle, 2 600 kilomètres d’itinéraires décrits et balisés, empruntant pour la plupart d’anciens chemins.

Ainsi, les chemins, sentiers, pistes que nous arpentons, aujourd’hui pour notre simple plaisir, portent l’empreinte de ceux qui jadis les ont empruntés, gravant à jamais dans la roche leur histoire. Les sillonner, c’est conserver à jamais intacte leur mémoire.

Eric PHILIPPON, Hérault Sport